Interview de M. AMAVI TAGODOE juriste aux multiples spécialisations, interrogé par ghislain Kuitchoua, directeur de tribunejustice.com
I- Déjà détenteur plusieurs diplômes en droit en plusieurs spécialités, qu’est-ce qui vous a poussé à faire un Master of Business Administration (MBA) ?
Après mon LLM
II- De votre expérience personnelle, quels sont les avantages de la double compétence pour un professionnel du droit de votre calibre ?
La double compétence,pour un juriste, c’est la possibilité de pouvoir appréhender tout mandat, tout défi professionnel avec un regard et une optique plus ouverts. J’ai ainsi pu coupler la rigueur de la pensée et de la méthode juridique à des domaines divers et variés: gestion de projets, communication, approvisionnement de biens et services. Je ne saurais jamais assez remercier ma formation juridique, car dans des emplois que j’ai occupés tels que gestionnaire de catégorie ou encore coordinateur d’évènements, je pouvais couvrir les aspects juridiques et contractuels sans aucun problème. La double compétence permet également de conserver un esprit ouvert et flexible. Ainsi, j’ai pu me spécialiser en droit des technologies de l’information, ce qui m’a permis de gérer des projets TI complexes (impartition, deploiements de solutions, gestion de contrats TI…)
III- Pourquoi n’avez pas choisi un métier du droit classique de type Avocat, Magistrat ou encore Notaire ?
Je suis une personne qui aime la polyvalence et j’ai besoin de diversifier et varier mes tâches. Ne faire que du droit m’aurait ennuyé. Le fait de pouvoir utiliser le droit, de faire de la gestion de projets, de faire de la communication et même du tutorat me permet de ne jamais m’ennuyer et d’apprendre tous les jours. Toutefois, au risque de me répéter, ma formation en droit m’a offert ce sens de la rigueur, développé mon esprit de synthèse. J’ai pu utiliser mes connaissances en droit et ainsi travailler sur des projets et mandats dans le domaine bancaire, manufacturier, l’aéronautique, le milieu évènementiel, le domaine des relations publiques et même dans le secteur du tutorat.
IV- Ayant fait toutes vos études hors du continent africain quelle est la raison pour laquelle vos publications sont très orientées sur l’Afrique ?
Tous mes travaux universitaires, que ce soit mes mémoires ou projets ont été orienté sur le continent africain, car je pense qu’il est essentiel pour tout étudiant africain, en plus de se former sur le plan académique, de profiter de cette période de la vie pour proposer des pistes de réflexion, des solutions vis à vis des dossiers touchant l’Afrique. J’aurais trouvé inopportun de réfléchir sur le droit français ou européen alors que je suis africain, à moins que cette réflexion se soit inscrite dans une analyse comparative ou une réflexion par rapport aux réalités africaines. Je suis amoureux de mon continent, amoureux de mon pays, de mon ethnie et de ma famille. Étant africain, je considère naturel de se pencher sur ce qui concerne les besoins de mon continent, sans pour autant me fermer sur le reste du monde, mais je pense d’abord a mon continent d’origine.
V- Pensez-vous que les nouvelles technologies de L’information vont améliorer les conditions d’exercice des métiers du droit en Afrique ?
Ayant eu la chance de pouvoir faire une maitrise en droit des technologies de l’information à l’université de Montréal, j’ai pu réfléchir à la pertinence des TIC dans l’amélioration de la diffusion du droit en Afrique, avec mon mémoire de maitrise sur la diffusion du droit et internet en Afrique (mémoire disponible en ligne et également publié). Ma réponse est donc oui, les technologies de l’information facilitent définitivement les conditions d’exercice des professionnels du droit. Toutefois, j’encourage les juristes et les informaticiens à développer des outils de gestion de l’information juridique pour faciliter la production et la diffusion de la législation, la doctrine et la jurisprudence. Pour avoir travaillé dans ce domaine au Canada, il y’a d’ énormes perspectives dans ce domaine (sites diffusant la législation, la jurisprudence et la doctrine en ligne, revues juridiques en ligne, gestion informatisée de la documentation juridique…). Les bases de données juridiques informatisées, , les revues juridiques en lignes, la vulgarisation du droit via des sites web ou des applications mobiles, ce sont autant d’outils technologiques qui peuvent profiter aux professionnels du droit en Afrique et à la population africaine en général.
VI- Enfin, quels sont vos prochains challenges ?
Mon prochain challenge, je ne vous le cache pas, c’est de préparer mon retour en Afrique. Étant spécialisé dans la gestion de contrats, l’approvisionnement stratégique, la communication et la formation en sciences humaines (droit, sociologie, ressources humaines, éthique, urbanisme, relations internationales, littérature, sciences politiques, analyse de l’art, philosophie…), je suis plus que motivé à offrir mes services en Afrique, contribuer à son essor, étant moi même un de ses enfants. J’apprécie la France et le Canada, mais j’aime ces pays comme des tantes, l’Afrique est ma mère, et comme tout enfant attaché à sa mère, je suis déterminé à être prêt d’elle. Mon défi est donc de réussir mon retour, et pour cela je commence à proposer mes services à titre de consultant. Je suis ouvert à tout type de mandat: de quelques semaines à plusieurs mois voire des années.
Pour moi, le multifonctionnalisme n’a jamais été une mauvaise chose.