Droit-Médias-Finance, entité de droit camerounais a co-organisé du 21 au 22 avril 2019 avec Legaltech Africa et le CIPIEE entendu Centre d’Insertion Professionnelle, d’innovation et d’entreprenariat d’Égypte , la première rencontre Legaltech en Égypte. L’événement qui s’est déroulé en une conférence et un hackathon s’est tenu précisément à la Faculté de droit de l’université Ain Shams du Caire, elle même partenaire à l’événement. Avec une trentaine de participants notamment avocats Égyptiens, juges du Conseil d’Etat Egyptien, developpeurs et juristes étudiants égyptiens et issus d’autres pays d’Afrique. A cette occasion, le fondateur de cette rencontre, M. Willy Stéphane ZOGO fait le point.
1 – Qu’est ce qui vous a motivé à organiser un rencontre Legal tech en Égypte?
Tout est parti du constat que l’Égypte pays ayant un écosystème entrepreneurial important en Afrique, n’était toujours pas sensibilisé à l’entreprenariat Legaltech. Pourtant, dans le même temps, tous les pays africains se sont mis à la Legaltech depuis quelques années. Je pense notamment au Cameroun avec Douala Legaltech initié par Tribunejustice et son fondateur Ghislain Kuitchoua. Je pense également à la Côte d’Ivoire, au Sénégal où une formation de niveau licence donc Bac plus 3 a été créée etc… Pour tout dire en un mot, vivant en Egypte, j’ai établi ce constat et pour résorber le problème, j’ai décidé de lancer une rencontre autour de la Legaltech avec les juristes Égyptiens.
C’est dans ce contexte que j’ai convié plusieurs partenariats dont le Centre d’Insertion Professionnelle, d’innovation et d’entreprenariat d’Égypte (CIPIEE) et LegalTech Africa, représenté par son co-fondateur, Gibran Freitas.
2- Quels sont les points positifs et éventuellement négatifs que vous avez retenu lors de ce grand rendez-vous du droit et des nouvelles technologies?
De manière fort positive, j’ai noté avec satisfaction que plusieurs juges ont participé aussi bien à la conférence qu’à la compétition Hackathon. Ce fait est suffisamment inhabituel pour être souligné. De plus, j’ai été marqué par l’ouverture d’esprit des participants Égyptiens à la Legaltech. Je veux aussi saluer le niveau de créativité des 7 équipes qui se sont inscrites et qui ont apportées des solutions de legalstartup très pertinentes pour les besoins du marché du droit égyptien. Concernant les aspects dont on peut être peu fier, je peux relever les contraintes liées au contexte mais qui ne sont heureusement que conjoncturelles et non structurelles. Pour tout prendre, rien d’insurmontable dans l’ensemble.
3- Comment entrevoyez-vous l’avenir de la Legal Tech en Afrique ces trois prochaines années?
La Legaltech en Afrique est pour ainsi dire sur un terrain propitiatoire. Tout reste à faire dans tous les aspects de la Legaltech. Cela concerne la génération automatisée des documents juridiques, les résolutions des litiges par voie numérique, les bases de données juridiques, le conseil juridique interactif en temps réel, l’intelligence artificielle appliquée au droit… Tout reste à faire en Afrique et pour cela, il faut qu’on se mette à la tâche. Les trois ou les cinq prochaines années ne seront pas assez. Il faut investir le marché du droit africain mais pour ce faire, il faut le comprendre et même je dirais qu’il faut en être.
4- Quel est votre prochain Challenge?
Je pense qu’il n’y a pas d’autres challenges qui soient justifiés, si ce n’est de construire des produits d’entrepreneuriat juridique sur mesure pour l’Afrique. Mais, avant cela il faut travailler les autorités étatiques, les acteurs, les entrepreneurs et les investisseurs au corps. Il faut leur expliquer quel bénéfice peut être tiré de la construction d’un écosystème Legaltech fort. En un mot, où que je me trouve je compte travailler davantage à la structuration de l’écosystème Legaltech africain. Mais surtout, je prépare déjà avec les partenaires, l’édition 2020 de la conférence Egypt Legaltech en l’envisageant plus importante que cette première édition.
Interview réalisée par Ghislain Kuitchoua, Directeur de tribunejustice.com