Les autorités de Côte d’Ivoire ont imposé une taxe de 0,5 pour cent sur les transferts d’argent par mobile money, une mesure qui devrait rapporter au gouvernement un montant estimé à 10 milliards de FCFA
La taxe serait prélevée sur l’entreprise ou la personne effectuant le transfert et elle devait être perçue par le processeur de la transaction.
La taxe s’applique aux transferts effectués par l’intermédiaire d’opérateurs de téléphonie mobile et de sociétés de transfert utilisant des applications mobiles. En annonçant la taxe, l’autorité fiscale a laissé entendre que la recette pourrait même être supérieure à 10 milliards FCFA, car elle lutte actuellement pour suivre les transferts passant par les plates-formes.
Les ivoiriens préfèrent le transfert d’argent par téléphonie Mobile
Selon un rapport de la banque mondiale, “la majorité des Ivoiriens ne font pas confiance aux banques locales et privilégient le [transfert par téléphonie] pour effectuer leurs paiements et transferts d’argent”. “De plus en plus, les épargnants ivoiriens délaissent les banques pour se tourner vers les opérateurs de téléphonie mobile”, indique le rapport qui précise: “en 2014, les détenteurs de compte d’argent mobile (24%) ont dépassé ceux de comptes bancaires (15%)”.
En juin 2015, sur 24 millions d’abonnés au réseau de téléphonie mobile, 7,2 millions ont des comptes de mobile money, selon l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI).
“Au cours du premier semestre 2015, les recettes sur les retraits, les transferts et les paiements de factures ont atteint 17 milliards FCFA, soit environ 28 millions de dollars”, relève le rapport de la Banque mondiale.
Selon la Banque mondiale, “seul un épargnant sur huit choisit de placer ses économies dans une banque ou un établissement financier” en Côte d’Ivoire.
La Côte d’Ivoire n’est pas le premier marché en Afrique à introduire des prélèvements sur les transactions utilisant le mobile money. Les autorités du Kenya, de la Tanzanie et de l’Ouganda imposent une taxe de de 10% sur les frais de transactions par mobile money et le Zimbabwe ajoute un supplément à chaque transaction.
Dans un blog publié en octobre, le directeur de la réglementation de la GSMA pour l’Afrique, Brian Muthiora, a averti que les impacts négatifs des gouvernements africains taxant les transactions par mobile auront probablement un impact plus lourd sur les utilisateurs déjà en dessous du seuil de pauvreté.
“Plutôt que de prélever des taxes sur l’industrie naissante des paiements mobiles, les gouvernements devraient envisager de permettre la croissance des services d’argent mobile en numérisant le paiement des taxes, droits, taxes et impôts dus par les contribuables.”
Source: intellivoire.net