Protection du créancier dans le crédit maritime: Mécanismes et portée, Par Jean Zoa Zoa, Juriste Consultant
Les opérations de transport constituent aujourd’hui l’une des activités les plus productives du commerce international, au regard des flux de marchandises qu’elles permettent d’acheminer. Le mode maritime se positionne comme la pierre angul
Partager

Les opérations de transport constituent aujourd’hui l’une des activités les plus productives du commerce international, au regard des flux de marchandises qu’elles permettent d’acheminer. Le mode maritime se positionne comme la pierre angulaire des échanges mondiaux du seul fait que 90% des échanges se fait par mer.
Cependant, force est de constater que le transport maritime est très couteux car il nécessite la mobilisation des ressources financières gigantesques.
Par conséquent, il est presque impossible sinon difficile pour un armateur soucieux de maintenir et promouvoir sa flotte dans un secteur concurrentiel, d’autofinancer ses expéditions maritimes.
En cela, le recours à l’emprunt semble être la solution de principe telle que l’illustre le fonctionnement de grands armements internationaux.
Seulement, l’emprunt fait naitre une situation d’insécurité qui a pour corollaire, la protection du créancier. Ceci est d’autant plus pertinent que l’homme, être de bien matériels pour reprendre Adam Smith, se doit de protéger son patrimoine.
Il n’est donc pas étonnant de voir que le droit d’inspiration civiliste a aménagé des mesures de sauvegarde à cet effet. Ainsi, pourrait-on constater par le biais de l’article 2093 que les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers ou encore que le créancier exerce sur les biens de son débiteur un droit de rétention. Ainsi également a-t-on vu le législateur OHADA s’activer sur des questions de protection du créancier au travers des actes uniformes sur les suretés et sur les voies d’exécution.
Vu ce qui précède, notre problématique pourrait paraitre à première vue comme étant sans pertinence car aussi bien le code civil que les actes uniformes pour ce qui est de l’espace OHADA ont abondamment traité la question.
Cependant, loin de nous l’idée de prétendre que la protection du créancier en droit commun est épuisée, il est forcé de reconnaitre qu’elle est moins complexe que la question de la protection du créancier dans le crédit maritime.
Pour tout dire, la protection du créancier dans le crédit maritime est une problématique aussi dense et profonde que la mer. En tout état de cause, il convient de se référer aux différents instruments du crédit en droit maritime qui dans l’ensemble, sont animés d’un régime dérogatoire au droit commun de par leur particularité.
La présente étude est donc riche de sens car elle devrait permettre non seulement d’aborder des questions ponctuelles de droit maritime du crédit, mais également d’analyser d’autres aspects présentés ici comme complémentaires et indispensables. Sont ainsi cités les aspects maritimes du droit des biens permettant de circonscrire l’assiette du crédit maritime, et les aspects maritimes du droit patrimonial dans l’optique de comprendre les diverses institutions qui gouvernent le patrimoine du débiteur en droit maritime.
Comme le disait pierre Bourdieu, un objet de recherche, si partiel et si parcellaire soit-il, ne peut être défini et construit qu’en fonction d’une problématique. Pour mieux appréhender le sens de notre étude, il serait souhaitable de se poser la question de savoir qu’est ce qui fait le particularisme de la protection du créancier dans le crédit maritime et parallèlement quelle appréciation conviendrait-il de faire sur l’efficacité de ladite protection ?
Deux aspects méritent de retenir l’attention : il s’agit tout d’abord de comprendre le cadre juridique qui gouverne la protection du créancier dans le crédit maritime (partie 1) avant de s’interroger sur la portée de son efficacité en matière de protection des créances (partie 2).
I- LE CADRE JURIDIQUE DE LA PROTECTION DU CREANCIER DANS LE CREDIT MARITIME
La protection du créancier dans le crédit maritime obéit à un régime spécifique assis sur des principes qui gouvernent les conditions d’existence de sa créance. Ce particularisme tient par ailleurs au fait qu’il a été aménagé en la faveur du créancier des mesures de protection qui se détachent du droit commun.
a- La spécificité des principes gouvernant les mesures de protection du créancier maritime
Il conviendrait d’examiner ici les principes d’encadrement de l’assiette du crédit et les principes relatifs à la gestion des créances maritimes.
- Sur l’assiette du crédit maritime,
- Sur l’organisation des créances maritimes :
- Sur les modes d’exercice des sûretés garantissant la protection du créancier
- Sur les instruments de mise en œuvre des suretés en vue de la réalisation du crédit maritime
- Un régime de protection entravé par les dérives même des conditions d’existence du crédit maritime
- Une inefficacité accentuée par les dérives de l’environnement juridique emprunt de cacophonie et tourné vers le protectionnisme des débiteurs
- vers un élargissement de l’assiette et de la notion de créances maritimes ?
- Vers une réduction de l’excès de particularisme des régimes de l’assiette et créances maritimes.

À propos de l'auteur
La Rédaction
Tribunejustice vous apporte quotidiennement des analyses et des éclairages exclusifs de la part de sa rédaction.
Contactez-nous

